Corée du Nord

Donald Trump réduit les exercices avec la Corée du Sud et envisage de revoir Kim Jong-un

La réduction d’exercices militaires conjoints ravive les interrogations sur les relations entre Washington, Séoul et Pyongyang.

Donald Trump a annoncé vouloir réduire considérablement la durée d’exercices militaires organisés par les États-Unis et la Corée du Sud. Dans le même temps, le président américain a laissé entendre qu’il souhaitait rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un au cours de l’année.

Cette séquence suscite des interrogations sur la place de la Corée du Sud dans la stratégie américaine en Asie. Pour plusieurs observateurs cités dans la vidéo, Washington semble chercher à renouer le dialogue avec Pyongyang, au risque de donner l’impression de mettre temporairement son allié sud-coréen au second plan.

Une alliance construite dans l’histoire de la péninsule

Les relations entre les États-Unis et la Corée du Sud sont étroitement liées à l’histoire de la division de la péninsule coréenne. En 1945, après la Seconde Guerre mondiale, le Japon a quitté la Corée, qu’il colonisait depuis 1910. Le territoire a alors été séparé en deux zones d’occupation : le Nord sous occupation soviétique et le Sud sous occupation américaine.

Dans le contexte de la guerre froide, cette division s’est installée durablement. En 1948, deux États rivaux ont été créés : la Corée du Nord, proche de l’URSS et de la Chine, et la Corée du Sud, proche des États-Unis.

En 1950, l’armée nord-coréenne a envahi le Sud dans le but de réunifier la péninsule par la force, déclenchant la guerre de Corée. Soutenue par les États-Unis, la Corée du Sud a repoussé les forces nord-coréennes. Un armistice a été signé en 1953, sans toutefois déboucher sur un traité de paix. Les deux Corées restent donc officiellement en guerre.

Les États-Unis et la Corée du Sud sont depuis considérés comme des alliés majeurs. Selon les chiffres officiels mentionnés dans la vidéo, plus de 28 000 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud. Le pays se situe ainsi au troisième rang des États accueillant le plus de militaires américains, derrière le Japon et l’Allemagne.

Des exercices militaires écourtés de 11 à 5 jours

Depuis plusieurs décennies, les armées américaine et sud-coréenne organisent presque chaque année des exercices conjoints. Ils ont notamment pour objectif de préparer les deux forces à une éventuelle attaque nord-coréenne contre le Sud. Ils sont présentés comme défensifs et destinés à dissuader une telle offensive.

Cette année, les manœuvres devaient initialement s’étaler sur onze jours. Elles se sont finalement achevées un vendredi, après cinq jours seulement.

La veille du début des exercices, Donald Trump a déclaré sur son réseau social vouloir en réduire fortement la durée. Il les a jugés coûteux et a estimé qu’ils envoyaient, selon ses propres termes, « un signal totalement inapproprié et hostile à la Corée du Nord ».

Plusieurs observateurs ont relevé que ce vocabulaire se rapproche de celui employé habituellement par la Corée du Nord pour dénoncer ces mêmes exercices militaires.

La Corée du Sud a présenté la réduction comme une décision mutuelle. Elle a toutefois reconnu ne pas avoir été prévenue à l’avance de l’intention de Donald Trump de raccourcir les manœuvres.

Pression sur Séoul et ouverture vers Pyongyang

Donald Trump a lui-même présenté cette décision comme étant, indirectement, une forme de punition à l’égard de la Corée du Sud. Selon la vidéo, Séoul a notamment refusé de participer aux opérations américaines contre l’Iran.

D’autres observateurs avancent une autre lecture : le président américain pourrait aussi chercher à exercer une pression sur la Corée du Sud, qui tarderait à honorer une promesse d’investissement de plus de 300 milliards de dollars aux États-Unis.

Cette réduction des exercices est également interprétée par certains comme un geste en direction de la Corée du Nord. Donald Trump a souligné sa très bonne relation avec Kim Jong-un, un dirigeant dont il dit régulièrement admirer certains aspects, alors que celui-ci est largement considéré comme un dictateur.

Interrogé sur la possibilité d’une nouvelle rencontre, le président américain a laissé entendre qu’il souhaitait revoir Kim Jong-un dans l’année. De son côté, Kim Yo-jong, sœur du dirigeant nord-coréen et figure influente du régime, a déclaré ne pas avoir connaissance des prétendus échanges entre son frère et Donald Trump. Concernant le raccourcissement des exercices, elle a estimé qu’il ne méritait « pas de commentaire ».

Le précédent des rencontres entre Trump et Kim

Donald Trump et Kim Jong-un se sont déjà rencontrés à trois reprises pendant le premier mandat du président américain, entre 2017 et 2021. Ces échanges avaient pour objectif d’aboutir à une dénucléarisation de la Corée du Nord, c’est-à-dire à l’abandon de ses armes nucléaires par Pyongyang.

Les négociations n’avaient finalement pas produit de résultat. Les analystes évoqués dans la vidéo considèrent aujourd’hui ces sommets comme l’un des principaux échecs de Donald Trump sur le plan politique.

Le souhait affiché d’une nouvelle rencontre ne permet donc pas, à lui seul, de présumer d’une issue diplomatique. Il met néanmoins en lumière la volonté du président américain de maintenir ou de relancer un canal de discussion avec le pouvoir nord-coréen.

Quel impact possible pour la Corée du Sud ?

Pour plusieurs analystes, la situation donne l’image de concessions accordées à la Corée du Nord sans contrepartie clairement identifiée à ce stade. Certains y voient les premiers signes d’un possible désengagement américain dans la région, dans une logique comparée dans la vidéo à la politique menée par Donald Trump en Europe.

Cette hypothèse nourrit deux lectures différentes. D’un côté, un affaiblissement de l’engagement américain pourrait faire craindre à la Corée du Sud de perdre un allié historique et de se retrouver, à terme, avec une capacité militaire moins forte face à la Corée du Nord.

De l’autre, certains y voient une occasion pour Séoul de renforcer son autonomie et de dépendre moins des États-Unis pour sa sécurité. Ces interprétations restent toutefois liées à une situation en évolution, alors qu’aucune nouvelle rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un n’est confirmée dans la transcription.

FAQ

Pourquoi les États-Unis et la Corée du Sud organisent-ils des exercices militaires ?

Ces exercices conjoints servent notamment à préparer les deux armées à une éventuelle invasion de la Corée du Sud par le Nord. Ils sont présentés comme défensifs et dissuasifs.

Combien de soldats américains sont stationnés en Corée du Sud ?

La vidéo évoque plus de 28 000 soldats américains stationnés sur le territoire sud-coréen, selon les chiffres officiels cités.

Donald Trump et Kim Jong-un se sont-ils déjà rencontrés ?

Oui. Ils se sont rencontrés trois fois entre 2017 et 2021, avec l’objectif de négocier une dénucléarisation de la Corée du Nord. Ces négociations n’ont pas abouti.

Source vidéo : Faut qu’on parle : Trump pense à la Corée du Nord

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