Israël

Cisjordanie : le projet E1 relance les inquiétudes sur l’expansion des colonies israéliennes

Plusieurs pays européens et le Canada demandent le retrait d’un appel d’offres portant sur plus de 1 200 logements dans la zone E1.

Le projet E1, également appelé IST 1, remet la question des colonies israéliennes en Cisjordanie au centre des préoccupations diplomatiques. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège et le Canada ont récemment appelé Israël à mettre fin à l’expansion des colonies et à retirer un appel d’offres concernant la construction de plus de 1 200 logements dans cette zone.

Cette prise de position intervient dans un contexte d’accélération de la colonisation en Cisjordanie sous le gouvernement de Benjamin Netanyahou, selon la transcription source. Plusieurs organisations non gouvernementales et institutions internationales alertent aussi sur les conséquences territoriales et humaines de cette politique.

La Cisjordanie, un territoire sous occupation israélienne

La Cisjordanie est un territoire palestinien de plus de 5 000 km², situé entre Israël à l’ouest, le fleuve Jourdain et la mer Morte à l’est. Sa superficie est présentée comme environ quinze fois supérieure à celle de la bande de Gaza.

L’occupation israélienne de ce territoire n’est pas récente. Toutefois, la source indique qu’elle s’est largement accélérée sous le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou et depuis les attaques menées par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon l’ONG Oxfam, les colonies israéliennes contrôlent aujourd’hui plus de 40 % de la Cisjordanie. Cette présence se traduit notamment par la construction de logements israéliens, mais aussi, selon la transcription, par des destructions d’habitations palestiniennes et des confiscations de terres agricoles.

Sur une population d’environ 3 millions d’habitants, de nombreuses ONG estiment que près de 500 000 colons israéliens vivent désormais en Cisjordanie. Les colonies correspondent à des villages ou des villes construits au-delà des frontières officielles d’Israël. Les routes qui les desservent sont, en majorité, interdites aux Palestiniens, selon la source.

Un désaccord majeur sur le statut des colonies

Les colonies établies dans les territoires palestiniens sont considérées comme illégales au regard du droit international. Le gouvernement israélien rejette toutefois cette qualification et défend le droit des Israéliens à vivre dans ce territoire, que certains responsables désignent par l’expression biblique de « Judée-Samarie ».

Dans ses communications officielles, le gouvernement israélien emploie le terme d’« implantations » plutôt que celui de « colonies ». Cette divergence de vocabulaire renvoie à un désaccord politique et juridique profond sur le statut de la Cisjordanie et sur l’avenir du territoire palestinien.

La question ne se limite pas à l’urbanisation. Human Rights Watch rapporte un pic de violences commises par des colons en mars et avril 2026. L’ONG cite notamment des meurtres, y compris d’enfants, des agressions, des violences sexuelles, des mauvais traitements physiques et psychologiques, des détentions arbitraires, des incendies criminels, des destructions de biens et des vols.

Amnesty International emploie, pour sa part, le terme de « nettoyage ethnique » pour qualifier la situation en Cisjordanie, selon la transcription. Ces qualifications relèvent des positions de ces organisations de défense des droits humains.

Le projet E1 au cœur des préoccupations internationales

La déclaration commune des pays européens et du Canada vise particulièrement le projet E1. Ce projet, dont l’origine remonte aux années 1990, prévoit la création de nouveaux logements afin d’étendre une colonie israélienne déjà existante.

Selon la source, le projet a été approuvé par Israël l’année précédente. Le ministre israélien du Logement a ensuite publié un avis d’appel d’offres pour construire plus de 1 200 logements dans la zone concernée. Les États signataires de la déclaration demandent le retrait immédiat de cet appel d’offres.

Le projet E1 suscite de fortes inquiétudes en raison de sa localisation. D’après l’Organisation des Nations unies, sa mise en œuvre risquerait d’isoler le sud du nord de la Cisjordanie. Le territoire palestinien se retrouverait alors davantage fragmenté.

Dans un tel scénario, les Palestiniens devraient emprunter des routes ou des points de passage contrôlés par Israël pour se déplacer entre le nord et le sud de la Cisjordanie. La continuité territoriale, considérée comme un élément central pour un État palestinien viable, serait ainsi encore plus difficile à assurer.

La solution à deux États davantage fragilisée

Les spécialistes évoqués dans la source estiment que la fragmentation accrue de la Cisjordanie compromettrait sérieusement la possibilité d’un État palestinien viable et non morcelé. Le projet E1 pourrait donc rendre encore plus difficile la perspective d’une solution à deux États.

Cette solution repose sur l’existence d’un État israélien et d’un État palestinien pleinement reconnu. Elle est historiquement soutenue par de nombreux pays, dont la France. Les États ayant signé la récente déclaration considèrent que l’expansion des colonies constitue un obstacle à cette perspective.

Le bilan humain souligne aussi la gravité de la situation. Selon l’ONU, plus de 230 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie en 2025 par les forces israéliennes ou par des colons israéliens. Du côté israélien, 17 personnes ont été tuées dans des attaques attribuées à des Palestiniens, d’après les chiffres cités dans la transcription.

Des sanctions jugées insuffisantes par des ONG

Plusieurs pays ont déjà adopté des sanctions contre des colons et des organisations impliqués dans des violences contre des Palestiniens. Néanmoins, de nombreuses ONG estiment que ces mesures restent insuffisantes pour mettre un terme à l’expansion des colonies et aux violences documentées sur le terrain.

Ces organisations appellent à des mesures plus fermes à l’encontre du gouvernement israélien. La déclaration sur le projet E1 illustre, de son côté, une volonté diplomatique de prévenir une évolution qui, selon l’ONU et les États signataires, pourrait durablement affecter l’intégrité territoriale de la Cisjordanie.

FAQ

Qu’est-ce que le projet E1 en Cisjordanie ?

Le projet E1, ou IST 1, vise à construire de nouveaux logements afin d’agrandir une colonie israélienne existante. Un appel d’offres a été publié pour plus de 1 200 logements, selon la source.

Pourquoi ce projet suscite-t-il des critiques ?

Selon l’ONU, le projet pourrait isoler le sud du nord de la Cisjordanie. Cette fragmentation rendrait plus difficile la circulation des Palestiniens et compliquerait la création d’un État palestinien viable.

Quels pays ont demandé le retrait de l’appel d’offres ?

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège et le Canada ont participé à la déclaration appelant Israël à retirer l’appel d’offres lié au projet E1.

Source vidéo : voir la vidéo sur YouTube.

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