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L’ONU appelle les pays à se préparer au retour d’El Niño

L’Organisation météorologique mondiale estime qu’un épisode El Niño pourrait se former entre juin et août, avec des risques de chaleur accrue, de sécheresses, de pluies extrêmes et de perturbations pour l’agriculture comme le commerce.

L’ONU appelle les pays à se préparer à un possible retour d’El Niño. D’après le dernier bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence des Nations unies, le phénomène présente au moins 80 % de probabilité de survenir entre juin et août, puis 90 % entre juillet et novembre.

Cette perspective intervient dans un contexte de températures déjà très élevées. L’OMM prévoit des valeurs supérieures à la normale dans presque toutes les régions du globe pour la période allant de juin à août. L’intensité exacte du phénomène reste toutefois incertaine.

El Niño est susceptible de peser sur le climat, l’agriculture, l’accès à l’eau, l’énergie et les échanges commerciaux. Ses conséquences ne sont pas identiques partout : il peut entraîner de fortes pluies dans certaines zones et, à l’inverse, des sécheresses dans d’autres.

Qu’est-ce qu’El Niño ?

El Niño est un phénomène météorologique qui revient généralement tous les deux à sept ans. Lorsqu’il se met en place, les eaux de l’océan Pacifique se réchauffent, ce qui modifie les conditions climatiques dans de nombreuses régions.

Dans le sud des États-Unis, il peut notamment favoriser des pluies torrentielles dans des territoires habituellement secs à cette période. En Asie du Sud-Est, il peut au contraire provoquer des sécheresses dans des régions tropicales où les précipitations sont normalement abondantes.

Selon les régions, ce dérèglement peut également être associé à des incendies importants ou à des cyclones. L’épisode précédent avait contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des données officielles en 1850.

Les fortes températures déjà relevées dans le Pacifique nourrissent par ailleurs des interrogations sur l’éventualité d’un épisode particulièrement puissant. L’expression « super El Niño » est parfois utilisée pour désigner des épisodes plus intenses, mais elle ne constitue pas une appellation officielle.

Pourquoi l’ONU parle d’urgence climatique

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, estime que les conditions liées à El Niño risquent d’aggraver le réchauffement déjà à l’œuvre. Dans son alerte, il souligne que les conséquences pourraient s’étendre au-delà des frontières et se propager rapidement.

El Niño est un phénomène connu et récurrent. Mais, dans un climat qui se réchauffe, ses effets peuvent devenir plus intenses. Les premiers mois de l’année ont déjà été marqués par des records de chaleur et des épisodes précoces de températures élevées.

En France, le mécanisme d’un dôme de chaleur et ses effets sur les températures illustre la manière dont certains phénomènes atmosphériques connus peuvent produire des situations plus extrêmes. El Niño agit à une tout autre échelle, mais l’enjeu reste celui d’une meilleure anticipation des risques climatiques.

Sécheresses, pluies extrêmes et risques pour les populations

Les conséquences d’El Niño peuvent être concrètes pour les populations. Les sécheresses risquent de provoquer des pénuries d’eau, tandis que les températures très élevées exposent particulièrement les personnes les plus fragiles. Des coupures d’électricité peuvent également survenir selon les tensions subies par les infrastructures et les ressources disponibles.

À l’opposé, de fortes pluies et des inondations peuvent endommager les habitations, les routes et les réseaux de transport. Lorsque les axes terrestres sont impraticables, la circulation des camions et l’acheminement des marchandises sont perturbés.

Les risques de pluies intenses et de coulées dévastatrices rappellent aussi les vulnérabilités des territoires exposés. Les conséquences humaines et matérielles de la coulée meurtrière survenue entre le Népal et le Tibet montrent combien les événements extrêmes peuvent mettre les populations et les infrastructures sous pression.

Des récoltes vulnérables en Asie du Sud-Est

L’agriculture figure parmi les secteurs les plus directement concernés. En Asie du Sud-Est, les sécheresses potentielles pourraient affecter les cultures de riz, de canne à sucre et d’huile de palme.

Lors du précédent épisode, en 2023, l’Inde avait limité ses exportations de riz afin de contenir la hausse des prix sur son marché intérieur. Cet exemple illustre le risque de voir les difficultés climatiques se transmettre aux marchés alimentaires, à travers une baisse de la production, des restrictions commerciales ou une hausse des coûts.

Les pays exposés à la sécheresse pourraient chercher à acheter des céréales à l’avance afin de limiter l’effet d’une éventuelle flambée des prix. Les États proches du Pacifique et dépendants de la pêche pourraient également ajuster leurs stratégies, notamment en réduisant l’envoi de bateaux si la hausse de la température des océans entraîne une diminution des stocks de poissons.

Le commerce mondial et le transport maritime également exposés

El Niño ne concerne pas seulement la météo ou les récoltes. Les échanges commerciaux peuvent aussi être affectés. Les inondations compliquent le transport routier, tandis que les sécheresses peuvent perturber certaines voies maritimes.

La situation pourrait être d’autant plus délicate si elle se combine avec d’autres tensions logistiques. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, évoqué dans le contexte actuel, perturbe déjà une partie des flux d’engrais : certains approvisionnements sont plus chers ou accusent des retards de livraison. Associée aux effets d’El Niño, cette situation pourrait peser davantage sur les rendements agricoles.

Le détroit d’Ormuz constitue en effet un passage stratégique, au cœur de tensions qui affectent la circulation maritime et les chaînes d’approvisionnement. Les enjeux liés à cette zone sont détaillés dans notre article sur les tensions autour du contrôle maritime dans le détroit d’Ormuz.

Se préparer à court et à long terme

Face à ces risques, plusieurs pistes d’adaptation sont évoquées. À long terme, cela passe par des infrastructures mieux adaptées aux vagues de chaleur, la végétalisation des sols et une réflexion sur la construction des villes ainsi que sur les zones à urbaniser face au risque d’inondation.

À court terme, l’enjeu consiste surtout à intégrer les prévisions disponibles dans les politiques agricoles, hydriques, énergétiques et logistiques. Anticiper les achats de denrées, surveiller les ressources en eau, adapter les activités de pêche ou préparer les réseaux de transport font partie des réponses possibles selon les territoires concernés.

Pour António Guterres, la réponse de fond suppose une action climatique à la hauteur de la crise, notamment par une accélération de la transition vers les énergies renouvelables. L’évolution effective d’El Niño et son intensité devront néanmoins être confirmées au fil des prochains bulletins météorologiques.

Questions fréquentes sur El Niño

Quand El Niño pourrait-il survenir ?

Selon le bulletin de l’OMM évoqué par l’ONU, le phénomène présente au moins 80 % de probabilité de se former entre juin et août, puis 90 % entre juillet et novembre.

Quels sont les principaux risques liés à El Niño ?

Selon les régions, El Niño peut favoriser des chaleurs élevées, des sécheresses, des pluies torrentielles, des inondations, des incendies ou des cyclones. Il peut aussi perturber les récoltes, l’accès à l’eau, l’énergie, la pêche et les transports.

Pourquoi El Niño peut-il faire monter les prix alimentaires ?

Les sécheresses peuvent réduire certaines productions agricoles, notamment le riz, la canne à sucre et l’huile de palme en Asie du Sud-Est. Une diminution de l’offre, des restrictions à l’exportation ou des difficultés d’approvisionnement peuvent ensuite exercer une pression sur les prix.

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