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Catastrophe au Népal et au Tibet : ce que l’on sait de la coulée meurtrière

Une coulée d’eau, de boue, de roches et de débris a ravagé des vallées himalayennes. Le bilan humain reste très lourd, tandis que l’origine exacte de l’effondrement glaciaire fait encore l’objet d’analyses.

Des vallées situées à la frontière entre le Népal et le Tibet ont été dévastées en quelques minutes par une coulée d’eau, de boue, de roches et de débris. Le phénomène a submergé des habitations, enseveli des routes et touché plusieurs localités au nord de Katmandou. Le bilan humain demeure particulièrement lourd et évolutif, alors que les secours poursuivent leurs recherches.

Les premiers éléments disponibles font état d’au moins 633 morts, dont 62 au Népal, et d’environ 2 500 personnes portées disparues. Parmi elles figureraient au moins 500 touristes, dans une région très fréquentée par les voyageurs. Quatre ressortissants français sont notamment signalés parmi les personnes recherchées.

Cette catastrophe est liée, selon les analyses évoquées, à l’effondrement d’un glacier. Toutefois, la raison précise pour laquelle cette masse glaciaire s’est détachée n’est pas établie. Plusieurs hypothèses sont encore examinées pour comprendre le déferlement d’eau dans les vallées et le risque de nouveaux épisodes.

Une coulée destructrice dans l’Himalaya

Le phénomène s’est produit dans une zone montagneuse d’Asie du Sud, à proximité de la frontière entre le Népal et le Tibet. Une masse mêlant eau, boue et débris aurait dévalé les pentes à une vitesse estimée à environ 150 km/h.

Sur place, des vagues de couleur brune, hautes de plusieurs mètres, ont débordé du lit des rivières et tout emporté sur leur passage. Des routes ont été recouvertes, tandis que des logements ont été totalement détruits. Plusieurs localités ont été directement affectées au nord de la capitale népalaise.

La situation humanitaire est également préoccupante. Selon un premier retour obtenu par la Croix-Rouge, près de 93 000 personnes pourraient avoir été affectées par les inondations. L’Unicef indiquait de son côté que 17 000 enfants avaient besoin d’une aide humanitaire urgente.

Des militaires et des équipes de secours sont mobilisés pour rechercher d’éventuels survivants sous la boue et les débris. L’Union européenne a annoncé une aide d’urgence de 2 millions d’euros, tandis que les États-Unis ont fait état d’une aide de 500 000 dollars.

Un effondrement glaciaire au cœur des explications

Au départ, les autorités chinoises avaient évoqué un glissement de terrain, tandis que les autorités népalaises parlaient d’importantes inondations. Les images satellitaires ont ensuite permis d’affiner l’analyse du phénomène.

L’Institut d’études géologiques des États-Unis attribue l’importante coulée de boue à un effondrement de glacier, qui aurait entraîné une quantité considérable de roches et de débris. L’ampleur de la chute aurait même produit des vibrations initialement interprétées comme un séisme de magnitude 4,4, avant que cette secousse ne soit reliée à la chute du glacier et des roches.

L’effondrement explique une partie de la destruction observée, mais il ne répond pas encore à toutes les questions sur le déferlement d’eau dans les vallées. À ce stade, aucun consensus scientifique officiel n’a été établi sur le mécanisme exact ayant provoqué les crues soudaines.

Deux scénarios envisagés pour expliquer les crues

Une première hypothèse est que l’effondrement et les chocs auraient libéré une partie de l’eau contenue dans le glacier. Cette eau, chargée de roches et de débris, aurait rejoint les rivières situées en contrebas, provoquant une coulée extrêmement violente.

Un second scénario pourrait s’ajouter au premier. En tombant dans les cours d’eau, les roches et les débris auraient pu former des barrages naturels temporaires. Une fois ces obstacles cédés, l’eau accumulée aurait été relâchée brutalement, aggravant la crue en aval.

Les autorités surveillent plusieurs zones en amont, où des lacs ou retenues d’eau temporaires se seraient formés après les éboulements. Ces accumulations restent potentiellement instables. Leur rupture pourrait provoquer de nouvelles crues soudaines dans des secteurs déjà lourdement touchés.

Pour un premier éclairage sur les informations connues au sujet de cet événement, lire aussi notre article consacré à la coulée d’eau, de boue et de débris à la frontière entre le Népal et le Tibet.

Le rôle du réchauffement climatique reste à établir

La cause initiale du détachement du glacier n’est pas connue. Il est donc trop tôt pour attribuer directement cette catastrophe au réchauffement climatique. Ce lien est néanmoins évoqué par plusieurs observateurs, car le réchauffement accélère la fonte des glaciers et du permafrost.

Le permafrost agit comme une forme de ciment de glace naturel dans les parois montagneuses. Lorsqu’il fond, les falaises et les terrains peuvent devenir plus instables. Cette question s’inscrit dans un contexte plus large de vulnérabilité accrue face aux phénomènes météorologiques et environnementaux extrêmes. À ce sujet, les risques liés aux chaleurs, aux pluies torrentielles et aux sécheresses sont également abordés dans notre dossier sur les conséquences sanitaires et alimentaires potentielles d’El Niño.

Un phénomène comparable pourrait-il se produire en France ?

Les Alpes françaises possèdent elles aussi des glaciers et ne sont pas totalement à l’abri de phénomènes liés à des poches d’eau ou à l’instabilité glaciaire. Un événement comparable s’est déjà produit en 1892 en Haute-Savoie, sur les pentes du Mont-Blanc.

À cette époque, une immense poche d’eau située à l’intérieur d’un glacier avait cédé en direction de Saint-Gervais. La catastrophe avait fait 175 morts. Depuis, ce glacier ainsi que plusieurs autres glaciers de la région font l’objet d’une surveillance importante, accompagnée, dans certains cas, d’opérations préventives.

Le risque zéro n’existe toutefois pas. La hausse des températures peut accroître l’instabilité des zones montagneuses. Les reliefs français se distinguent néanmoins de certaines vallées de l’Himalaya : ils sont moins pentus, ce qui limiterait la vitesse potentielle d’une coulée par rapport à celle observée au Népal et au Tibet.

FAQ

Quel est le bilan de la catastrophe au Népal et au Tibet ?

Les derniers bilans officiels évoqués font état d’au moins 633 morts, dont 62 au Népal, et d’environ 2 500 disparus. Ces chiffres restent susceptibles d’évoluer au fil des opérations de secours.

Qu’est-ce qui a provoqué la coulée ?

Les analyses disponibles lient la catastrophe à l’effondrement d’un glacier, accompagné de roches et de débris. Le mécanisme précis à l’origine du déferlement d’eau dans les vallées n’est pas encore établi de manière consensuelle.

Existe-t-il encore un risque de nouvelles crues ?

Oui. Des retenues d’eau temporaires et des lacs formés après les éboulements sont surveillés, car leur instabilité pourrait entraîner de nouvelles crues soudaines.

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