Géopolitique

Cuba : ce que l’on sait de la cellule de la CIA évoquée par le New York Times

Selon le quotidien américain, cette structure viserait à accroître la pression sur l’élite politique cubaine, dans un contexte de crise énergétique et de tensions persistantes avec Washington.

Une cellule secrète consacrée à Cuba aurait été créée par les États-Unis afin d’exercer une pression accrue sur le pouvoir de l’île. Son existence a été révélée début août par le New York Times, selon la transcription de la vidéo source. L’objectif rapporté serait de provoquer des divisions au sein de l’élite politique cubaine et d’encourager l’émergence de responsables plus disposés à coopérer avec l’administration de Donald Trump.

Ces informations interviennent dans un climat particulièrement tendu entre Washington et La Havane. Cuba demeure soumis à un embargo américain en vigueur depuis les années 1960, tandis que l’île traverse une grave crise énergétique, marquée par des coupures d’électricité répétées et des difficultés d’accès à des biens essentiels.

Un embargo américain toujours en vigueur

Cuba est un pays des Caraïbes de moins de 10 millions d’habitants, situé à environ 150 kilomètres des côtes de la Floride. Durant la guerre froide, l’île communiste, alors alliée de l’URSS, a été placée sous embargo par les États-Unis.

D’après la vidéo, cet embargo limite fortement les échanges des entreprises américaines avec Cuba. Il s’accompagne aussi de restrictions financières susceptibles de décourager des investisseurs étrangers, par crainte de sanctions américaines. L’Organisation des Nations unies réclame régulièrement la fin de cet embargo, qu’elle juge contraire au droit international.

La crise cubaine se serait récemment aggravée après l’arrêt des importations de pétrole en provenance du Venezuela. La transcription indique qu’en janvier, les États-Unis ont capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro, présenté comme un allié historique de Cuba et comme le fournisseur de l’essentiel du pétrole de l’île. La fin brutale de ces livraisons aurait plongé Cuba dans une crise énergétique majeure.

Des coupures de courant peuvent durer plusieurs jours et avoir des répercussions sur l’accès à l’eau potable et à la nourriture. La vidéo évoque notamment trois coupures générales d’électricité enregistrées à Cuba au cours du seul mois de juillet.

Des manifestations et une crise aux causes multiples

Sur place, des manifestations dénoncent à la fois la gestion du pays par le gouvernement cubain et les conséquences de l’embargo américain. Selon la transcription, certains experts considèrent que les difficultés actuelles ne s’expliquent pas uniquement par les sanctions américaines, mais aussi par des choix économiques internes.

Dans ce contexte, Donald Trump affirme régulièrement que Cuba serait proche de l’effondrement. Le président américain considère également, selon la vidéo, que l’île représente une « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis. Le président cubain Miguel Díaz-Canel est visé par des sanctions américaines depuis juillet 2025.

Une visite du directeur de la CIA à La Havane

La création présumée de la cellule de la CIA s’inscrit dans une séquence de contacts et de pressions. John Ratcliffe, directeur de la CIA, se serait rendu à La Havane en mai dernier afin de rencontrer de hauts responsables cubains.

Lors de cette visite, il aurait indiqué que les États-Unis pourraient envisager une coopération économique et sécuritaire avec Cuba. Cette perspective aurait toutefois été conditionnée à des « changements fondamentaux » sur l’île et à l’arrêt, selon Washington, de l’accueil d’adversaires des États-Unis.

Le contenu précis de ces échanges et les engagements éventuels des parties ne sont pas détaillés dans la transcription. La visite montre néanmoins que la politique américaine à l’égard de Cuba mêlerait pression politique, renseignement et possibilité de coopération sous conditions.

Quel serait le rôle de cette cellule dédiée à Cuba ?

D’après les informations attribuées au New York Times, la cellule de la CIA chercherait à créer des fissures au sein de l’élite dirigeante cubaine. Le but serait d’amener les responsables les plus hostiles aux États-Unis à laisser leur place à des profils davantage disposés à travailler avec l’administration Trump.

La structure recruterait déjà des officiers chargés de gérer des sources sur le terrain, des analystes du renseignement et des spécialistes des cyberopérations. Elle pourrait notamment chercher à identifier des financements cachés au sein du pouvoir cubain, puis à les rendre publics afin d’affaiblir certains dirigeants et d’influencer l’opinion publique.

Ces éléments décrivent des objectifs présumés et non des opérations dont la réalisation serait établie. La transcription ne fournit pas de détails sur les personnes ciblées, les ressources engagées ni le calendrier de cette cellule.

Une comparaison avec le Venezuela

La vidéo rapproche ce scénario de la situation au Venezuela. Elle indique que Delcy Rodríguez, ancienne proche de Nicolas Maduro, aurait pris sa place après sa capture et serait désormais présidente par intérim. Cette comparaison est présentée comme un précédent possible dans la recherche de responsables susceptibles de coopérer avec Washington.

Elle ne permet toutefois pas d’établir que les mêmes mécanismes seraient appliqués à Cuba. Les situations politiques des deux pays, comme les informations disponibles sur les initiatives américaines, ne sont pas détaillées davantage dans la source.

Le précédent de la baie des Cochons

Cette cellule rappelle une structure spéciale mise en place par la CIA pendant la guerre froide. Celle-ci avait notamment supervisé le débarquement de la baie des Cochons en 1961. Des exilés cubains soutenus par les États-Unis avaient alors tenté de renverser Fidel Castro, dirigeant communiste de Cuba.

L’opération avait échoué en quelques jours. Selon la transcription, la nouvelle structure se distinguerait pour l’instant de cette ancienne cellule par l’absence d’autorisation pour mener des opérations mortelles.

La vidéo précise aussi qu’aucune source ne permet, à ce stade, d’affirmer que cette cellule ouvrirait la voie à une intervention militaire américaine. Certains observateurs soulignent cependant que, dans l’histoire, le renforcement des capacités de renseignement a parfois précédé de telles opérations. Il s’agit d’un constat général rapporté dans la source, et non de la confirmation d’un projet d’intervention à Cuba.

Cuba placée au premier rang des priorités du renseignement

L’initiative s’inscrirait dans un effort plus large de surveillance américaine. L’administration Trump aurait récemment classé Cuba comme priorité numéro un de ses services de renseignement, au même niveau que la Chine, l’Iran ou la Russie.

Des satellites américains auraient également été redéployés afin de mieux surveiller le territoire cubain. Là encore, la transcription ne précise ni l’ampleur de ce redéploiement ni les capacités concernées.

Du côté cubain, le vice-ministre des Affaires étrangères a dénoncé le projet de cellule spéciale. Il estime que Cuba est depuis longtemps la cible d’actions d’espionnage, de subversion et de déstabilisation menées par la CIA.

Miguel Díaz-Canel a pour sa part dénoncé ce qu’il qualifie de « politique génocidaire » des États-Unis envers Cuba et accusé Washington de vouloir s’approprier l’île. Ces propos reflètent la position des autorités cubaines rapportée dans la vidéo.

Les alertes sur les conséquences des sanctions

Des experts indépendants de l’ONU ont également alerté sur les conséquences des sanctions américaines pour les droits à la santé, à la vie, à l’alimentation et au développement. Ils ont appelé la communauté internationale à agir rapidement pour éviter une crise majeure.

La situation cubaine reste donc marquée par plusieurs facteurs évoqués dans la transcription : l’embargo américain, la crise énergétique liée à l’arrêt des approvisionnements pétroliers vénézuéliens, les difficultés économiques internes et l’intensification apparente de la surveillance américaine.

FAQ

Que viserait la cellule de la CIA à Cuba ?

Selon les informations attribuées au New York Times, elle chercherait à créer des divisions au sein de l’élite politique cubaine afin d’affaiblir les responsables les plus hostiles aux États-Unis et de favoriser des profils prêts à coopérer avec Washington.

Cette cellule est-elle autorisée à mener des opérations mortelles ?

Selon la transcription, la structure n’est, pour l’instant, pas autorisée à mener des opérations mortelles.

Une intervention militaire américaine à Cuba est-elle confirmée ?

Non. La vidéo indique qu’aucune source ne permet d’affirmer qu’une telle cellule pourrait ouvrir la voie à une intervention militaire américaine.

Source vidéo : voir la vidéo sur YouTube.

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