Education

Classement PISA : pourquoi le niveau des élèves français recule et ce que mesure réellement l’étude

La France atteint son plus bas niveau depuis au moins vingt ans dans l’évaluation PISA. Résultats, limites du classement, inégalités scolaires et facteurs avancés par l’OCDE.

Le classement PISA place la France à son niveau le plus bas depuis au moins vingt ans. Les résultats font particulièrement apparaître un net recul en mathématiques, tandis que les performances en compréhension de l’écrit suivent une tendance comparable. Les sciences résistent davantage, malgré une baisse sur le temps long.

Cette évolution ne concerne pas uniquement la France : de nombreux pays de l’OCDE sont également touchés. Elle relance néanmoins le débat sur les inégalités scolaires, les conditions d’enseignement, la place du numérique et le suivi des élèves.

Qu’est-ce que le classement PISA ?

PISA signifie Programme international pour le suivi des acquis des élèves. Organisée depuis l’an 2000 tous les trois ans, cette étude évalue les compétences d’élèves âgés de 15 ans dans plus de 90 pays et économies. Elle réunit des membres de l’OCDE, dont la France, ainsi que d’autres participants situés en Europe, en Amérique et en Asie.

L’étude porte sur trois grands domaines :

  • la compréhension de l’écrit ;
  • la culture mathématique ;
  • la culture scientifique.

Les élèves passent des épreuves d’environ trois heures, comprenant des questionnaires à choix multiples, des questions de type vrai ou faux et des réponses plus ouvertes. L’objectif n’est donc pas d’évaluer un programme scolaire national précis, mais d’observer la manière dont des jeunes de 15 ans mobilisent leurs connaissances dans ces trois domaines.

Les résultats de la France : une forte baisse en mathématiques

En 2025, les élèves français atteignent, selon cette évaluation, un niveau historiquement bas. En mathématiques, leur score moyen recule de 16 points par rapport à 2022, de près de 30 points depuis 2018 et d’environ 40 points depuis 2006.

Dans la lecture proposée par PISA, ce recul sur vingt ans représenterait l’équivalent d’un peu plus d’une année d’apprentissage. Cette comparaison ne signifie pas qu’un élève de 15 ans possède exactement le niveau d’un élève plus jeune, mais elle donne un ordre de grandeur de la baisse mesurée par l’étude.

La compréhension de l’écrit suit une tendance globalement proche. En sciences, le niveau a également diminué, mais dans une moindre mesure : la perte atteint environ une dizaine de points sur vingt ans.

Dans le classement général, la France arrive 27e sur 91 pays et économies. Elle perd une place par rapport à trois ans auparavant, tout en restant dans la moyenne. Elle se situe après la Suède et la Slovénie, mais devant l’Italie et le Portugal.

Quels pays obtiennent les meilleurs résultats ?

En Europe, l’Estonie se place au 6e rang et constitue le pays européen le mieux classé. En tête de l’évaluation figurent aussi certaines régions de Chine, Singapour, Macao, Taïwan et le Japon.

Ces territoires sont régulièrement associés à de très bons résultats scolaires. Dans plusieurs cas, ils sont aussi connus pour une forte pression académique, susceptible d’être source de stress pour les élèves. Le classement PISA renseigne sur des performances dans des tests standardisés ; il ne permet donc pas, à lui seul, de conclure sur les conditions de vie scolaire ou le bien-être des jeunes.

À l’autre extrémité du classement figure le Rwanda.

Les limites du classement PISA

Le succès international de PISA en a fait une référence dans les comparaisons éducatives. L’étude comporte toutefois des limites importantes. Elle concerne uniquement les jeunes de 15 ans, et non l’ensemble d’un niveau scolaire ni tous les parcours d’élèves.

Elle ne mesure pas directement l’épanouissement, la confiance en soi, le sentiment de sécurité ou d’autres dimensions de l’expérience scolaire. Or ces éléments peuvent influencer les apprentissages sans être entièrement résumés par un score.

Certains observateurs estiment aussi que la logique de classement peut encourager les pays à chercher des gains de position plutôt qu’à améliorer l’éducation dans son ensemble. Ces réserves n’annulent pas les résultats, mais elles invitent à les interpréter comme un indicateur parmi d’autres.

Des inégalités sociales toujours très marquées en France

Le rapport souligne que la France reste, comparée aux autres pays de l’OCDE, parmi ceux où les inégalités liées à l’origine sociale des élèves sont les plus fortes. Le milieu social continue ainsi de peser fortement sur les parcours et les résultats scolaires.

Des écarts selon le genre sont également observés : les garçons obtiennent généralement de meilleurs résultats en mathématiques, tandis que les filles réussissent davantage en compréhension de l’écrit. Les stéréotypes de genre font partie des facteurs susceptibles d’influencer les orientations, les attentes et les performances.

Ces constats montrent que la baisse moyenne ne recouvre pas une situation uniforme. Les résultats scolaires dépendent aussi des conditions dans lesquelles les élèves apprennent, de leurs ressources et de l’accompagnement dont ils disposent.

Manque d’enseignants et équipements insuffisants

Les conditions matérielles et humaines dans les établissements constituent un autre sujet mis en avant. En 2025, 45 % des élèves français étaient scolarisés dans un établissement concerné par un manque de personnel enseignant. Environ 20 % fréquentaient un établissement confronté à un manque de manuels ou d’équipements informatiques.

Édouard Gefrey, ministre de l’Éducation nationale, a qualifié la situation de « préoccupante », tout en précisant qu’elle n’était « hélas pas une surprise ».

Le ministère de l’Éducation nationale affiche l’objectif de ramener la France parmi les premiers pays d’Europe et de l’OCDE d’ici 2033. Cette ambition suppose que les réformes déjà engagées produisent davantage d’effets ou que de nouvelles mesures soient prises.

Covid, numérique et suivi parental : des facteurs évoqués, pas des causes uniques

La baisse des résultats repose sur de nombreux facteurs et ne peut être attribuée à une seule explication. L’OCDE évoque notamment l’impact potentiel du Covid-19 sur l’éducation, qui aurait pu aggraver une tendance déjà installée.

La place croissante du numérique dans la vie des jeunes est aussi mise en avant, en particulier celle du téléphone, susceptible de devenir une source de distraction. En France, les règles concernant les téléphones à l’école évoluent régulièrement : plusieurs changements entrés en vigueur au 1er septembre 2026 concernent notamment leur usage au lycée.

L’usage de l’intelligence artificielle soulève également des interrogations. Enfin, l’OCDE met en évidence un recul du suivi parental des études. Selon l’organisation, l’implication des parents peut avoir un effet réel sur les résultats des enfants.

Il ne s’agit pas de causes établies pour chaque élève ou chaque établissement, mais de facteurs pouvant affecter les apprentissages. Les moyens consacrés à l’éducation, la formation des enseignants, les programmes scolaires et l’accompagnement des familles font aussi partie des éléments à considérer.

Un débat éducatif plus large

Les résultats PISA s’inscrivent dans une réflexion plus vaste sur l’école, l’égalité des chances et les priorités publiques pour la jeunesse. Les débats sur l’encadrement des jeunes dépassent d’ailleurs la seule question des acquis scolaires, comme l’illustrent les scénarios examinés autour d’un possible retour du service militaire obligatoire en France.

Le classement PISA ne tranche pas les choix à effectuer. Il met toutefois en lumière une dégradation mesurée sur le long terme et rappelle l’ampleur des défis liés aux inégalités, aux ressources des établissements et aux conditions concrètes d’apprentissage.

FAQ sur le classement PISA

Que mesure exactement PISA ?

PISA évalue les compétences d’élèves de 15 ans en compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique, à partir d’épreuves standardisées.

Quelle est la place de la France dans le classement PISA ?

La France se classe 27e sur 91 pays et économies participants. Elle reste dans la moyenne, mais ses résultats atteignent leur plus bas niveau depuis au moins vingt ans.

Pourquoi les résultats français baissent-ils ?

Plusieurs facteurs sont évoqués : inégalités sociales fortes, manque de personnel et d’équipements, effets possibles du Covid-19, distractions numériques, interrogations liées à l’IA et recul du suivi parental. Aucun de ces éléments ne constitue à lui seul une explication définitive.

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