Marine Le Pen annonce sa candidature à la présidentielle de 2027 après sa condamnation en appel

Condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen se pourvoit en cassation et maintient sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. La présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale a également indiqué se pourvoir en cassation.
Cette décision ouvre une nouvelle séquence judiciaire et politique. Le pourvoi suspend l’exécution des peines prononcées par la cour d’appel tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision. La candidature de Marine Le Pen reste toutefois liée à l’issue de ce dernier recours, attendue au début de l’année 2027 selon les éléments disponibles.
Une condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires
L’affaire concerne l’emploi d’assistants parlementaires européens du Front national, ancien nom du Rassemblement national. Le Parlement européen verse des fonds aux eurodéputés afin qu’ils puissent recruter des assistants pour les accompagner dans leurs missions parlementaires.
Selon la justice, entre 2004 et 2016, des fonds destinés à ces emplois auraient été utilisés pour rémunérer des personnes travaillant en réalité sur des dossiers du Front national en France, et non sur les activités liées au Parlement européen. La justice a considéré que ce système constituait un détournement de fonds publics.
Marine Le Pen a été déclarée coupable d’avoir prolongé un système mis en place avant elle. Le dossier ne concerne pas uniquement la dirigeante politique : le parti lui-même ainsi que 24 coprévenus, parmi lesquels des élus, assistants parlementaires et comptables, ont également été jugés et condamnés.
Le montant total des fonds détournés a été évalué à plus de 4 millions d’euros. Environ 474 000 euros ont été imputés aux contrats d’assistants liés à Marine Le Pen.
Une peine modifiée en appel
En première instance, en mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, à quatre ans de prison dont deux ans ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’à 100 000 euros d’amende. Cette décision l’aurait alors empêchée de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
À l’issue du procès en appel, dont la décision a été rendue le mardi 7 juillet, la cour d’appel a de nouveau condamné Marine Le Pen. La peine prononcée est de trois ans de prison, dont un an ferme à effectuer sous bracelet électronique, assortie de 100 000 euros d’amende.
Cette peine ferme ne prévoit donc pas une incarcération en établissement pénitentiaire. Elle doit être exécutée à domicile, avec des déplacements encadrés.
La peine d’inéligibilité a aussi été modifiée. Marine Le Pen a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont 30 mois avec sursis. La justice considère qu’elle a déjà purgé les 15 mois de la partie ferme depuis le 31 mars 2025, date de la première condamnation. À ce stade, cette appréciation lui permet juridiquement d’être candidate à la présidentielle de 2027.
Pourquoi le pourvoi en cassation est déterminant
Marine Le Pen a annoncé son pourvoi en cassation, qui constitue le dernier recours judiciaire. La Cour de cassation ne rejugera pas les faits du dossier. Son rôle est principalement de vérifier si les règles de droit ont été correctement appliquées par les juridictions précédentes.
Marine Le Pen soutient que son parti et elle-même sont innocents de l’infraction de détournement de fonds publics. Elle estime que deux juridictions peuvent commettre une erreur et veut aller au terme des voies de recours.
Ce recours suspend l’exécution des peines prononcées en appel jusqu’à la décision de la Cour de cassation. Concrètement, Marine Le Pen peut donc commencer une campagne présidentielle sans bracelet électronique tant que cette juridiction n’a pas statué.
Le calendrier est néanmoins central : la décision est attendue au début de 2027, au moment où les prétendants à l’élection présidentielle doivent réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour concourir. Si la condamnation était confirmée, elle deviendrait définitive.
Le scénario d’une condamnation définitive
En cas de confirmation par la Cour de cassation, Marine Le Pen devrait exécuter l’année de prison ferme sous bracelet électronique. Elle pourrait toutefois demander un aménagement ou une suspension de peine, comme la loi le permet dans certaines situations pour des condamnations de moins de deux ans de prison.
Des motifs médicaux, familiaux, professionnels ou sociaux peuvent notamment être invoqués. La décision appartiendrait alors à un juge. À l’inverse, si la Cour de cassation invalidait la condamnation, Marine Le Pen n’aurait pas à porter de bracelet électronique dans ce dossier.
Interrogée sur l’hypothèse d’une culpabilité définitivement établie, Marine Le Pen a répondu : « Nous verrons ».
Jordan Bardella présenté comme potentiel Premier ministre
Marine Le Pen a également confirmé que Jordan Bardella serait Premier ministre si elle était élue présidente de la République. Elle a présenté leur association comme un binôme pour la campagne présidentielle.
Cette annonce intervient alors que la procédure judiciaire et la question de l’exécution éventuelle de la peine occupent une place majeure dans le débat politique. Elle place aussi Jordan Bardella au centre de la stratégie affichée par le Rassemblement national pour 2027.
Des réactions politiques contrastées
Plusieurs responsables politiques ont réagi à l’annonce de cette candidature. Les Républicains accusent Marine Le Pen de fragiliser les institutions et de « prendre la démocratie en otage ».
Gabriel Attal, candidat Renaissance à l’élection présidentielle, a critiqué le choix d’une candidature malgré la condamnation en appel. Il a notamment évoqué une « dimension morale » liée au fait de se présenter avec une condamnation pour détournement de fonds publics.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat d’Horizons, a estimé que Marine Le Pen devrait expliquer ce choix aux Français. Il a aussi relevé ce qu’il considère comme une contradiction avec les critiques qu’elle avait formulées par le passé envers des responsables politiques condamnés par la justice.
Au-delà de cette affaire, les échéances de 2027 s’inscrivent dans un contexte plus large de débats publics en France, notamment sur les évolutions démographiques, détaillées dans notre article sur les projections de la population française après 2037, et sur les mesures nationales présentées dans le dossier consacré à ce qui change en France à partir du 1er juillet.
FAQ
Marine Le Pen peut-elle être candidate à la présidentielle de 2027 ?
Oui, à ce stade. La cour d’appel a considéré que la partie ferme de sa peine d’inéligibilité avait déjà été purgée. Son pourvoi en cassation suspend par ailleurs l’exécution des autres peines tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision.
Marine Le Pen devra-t-elle faire campagne avec un bracelet électronique ?
Pas tant que le pourvoi en cassation est en cours, puisque l’exécution de la peine est suspendue. Si la condamnation devenait définitive, elle devrait en principe exécuter la peine d’un an ferme sous bracelet électronique, sous réserve d’un éventuel aménagement ou d’une suspension décidée par un juge.
Quel est le rôle de Jordan Bardella dans cette candidature ?
Marine Le Pen a indiqué qu’il serait son Premier ministre en cas d’élection. Elle le présente comme son partenaire politique dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027.



