Groenland : un projet de forage pétrolier américain sans autorisation locale

Greenland Energy a acheminé du matériel à Jameson Land avant d’avoir obtenu le feu vert des autorités groenlandaises, dans un territoire au cœur d’enjeux stratégiques pour Washington.
Une société pétrolière américaine, Greenland Energy, a fait acheminer du matériel de forage sur la péninsule de Jameson Land, à l’est du Groenland, sans avoir obtenu d’autorisation des autorités locales, d’après une enquête du média danois Danwatch citée dans la vidéo. L’entreprise a reçu un avertissement officiel du gouvernement groenlandais, qui n’a toutefois pas demandé le retrait des équipements déjà présents.
Ce projet intervient dans un contexte particulier. Donald Trump a, à plusieurs reprises, exprimé son intérêt pour le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark. L’entreprise assure officiellement n’avoir aucun lien avec les projets du président américain concernant l’île. La vidéo souligne néanmoins les relations attribuées à certains de ses responsables avec l’entourage de Donald Trump, tout en rappelant qu’aucun élément ne prouve, à ce stade, une implication directe de la Maison Blanche dans ce dossier précis.
Le Groenland, un territoire autonome sous souveraineté danoise
Situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique, le Groenland représente une superficie d’environ quatre fois celle de la France. Son territoire est recouvert à 80 % par la glace, selon les éléments présentés dans la transcription.
Depuis une loi adoptée en 2009, le Groenland gère une grande partie de ses affaires intérieures, notamment la santé, l’éducation et les ressources naturelles. Le Danemark conserve toutefois les compétences liées à la défense, à la justice et à la diplomatie.
Cette répartition des compétences est essentielle pour comprendre les enjeux du projet pétrolier. Les autorités groenlandaises interviennent sur les questions relatives aux ressources du sous-sol, tandis que les questions de sécurité et de présence militaire américaine s’inscrivent dans la relation entre Copenhague et Washington.
Un matériel de forage arrivé avant toute autorisation
Greenland Energy, une société fondée au Texas l’année précédant les faits rapportés, a fait débarquer à la fin du mois de juillet des équipements destinés au forage à Jameson Land. Il s’agit du matériel nécessaire pour creuser le sol dans le cadre d’une recherche ou d’une extraction pétrolière.
Selon l’enquête de Danwatch, citée dans la vidéo, cette arrivée s’est produite sans que l’entreprise ait obtenu le feu vert des autorités groenlandaises. Le gouvernement local a donc envoyé un avertissement officiel à la société.
Les autorités ont néanmoins renoncé à exiger l’enlèvement du matériel déjà acheminé, considérant qu’une telle mesure serait excessive. Cette décision ne vaut pas autorisation de forer : la question de l’accord officiel reste centrale pour la suite du projet.
Jameson Land, une exception parmi les permis pétroliers
Le Groenland a cessé de délivrer de nouveaux permis pétroliers en 2021 afin de préserver l’environnement. La zone de Jameson Land constitue toutefois une exception dans ce cadre : elle abrite les trois derniers permis d’exploration encore actifs.
Ces permis sont détenus par White Flame Energy, une autre entreprise avec laquelle Greenland Energy s’est associée. Les dirigeants de l’entreprise avancent que le sous-sol de cette région pourrait contenir l’équivalent de 1 000 milliards de dollars de pétrole. Cette estimation est présentée comme une affirmation des responsables de l’entreprise.
D’après les informations rapportées, un navire devait quitter le Canada à la mi-septembre avec 300 conteneurs de matériel de forage. Un premier forage était alors envisagé pour le mois d’octobre.
Pourquoi le Groenland intéresse les États-Unis
L’intérêt exprimé par Donald Trump pour le Groenland ne concerne pas uniquement les hydrocarbures. La vidéo met en avant trois dimensions : militaire, maritime et minière.
Une position stratégique en Arctique
Une base américaine est déjà présente au Groenland. Elle abrite notamment un radar présenté comme essentiel pour détecter d’éventuelles attaques nucléaires, particulièrement en provenance de Russie. Le territoire se situe également sur la trajectoire la plus courte pour des tirs de missiles vers la Russie, ce qui renforce son intérêt militaire dans l’Arctique.
Un accord de défense conclu en 1951 entre les États-Unis et le Danemark permet déjà à Washington de conserver une présence militaire au Groenland et d’y déployer des installations en coopération avec les autorités danoises. En principe, toute extension de cette présence doit être approuvée par le gouvernement danois.
Selon plusieurs experts en sécurité arctique mentionnés dans la vidéo, le Danemark a historiquement soutenu les opérations américaines sur l’île. Pour ces experts, les États-Unis pourraient donc renforcer leur présence au Groenland sans passer par une annexion.
Les routes maritimes et les ressources minières
La fonte des glaces liée au réchauffement climatique ouvre progressivement de nouvelles routes maritimes en Arctique. La vidéo présente ce phénomène comme un enjeu dans un contexte de concurrence avec la Russie et la Chine dans la région.
Le Groenland dispose aussi de minerais stratégiques, dont des terres rares recherchées par l’industrie technologique. Ces ressources du sous-sol participent à l’importance géopolitique attribuée au territoire.
Les déclarations de Donald Trump sur le Groenland
Donald Trump avait déjà proposé d’acheter le Groenland lors de son premier mandat, en 2019. Cette proposition avait été rejetée par le Danemark et le Groenland.
Après son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, il a de nouveau évoqué le territoire. À la fin de décembre 2024, il a écrit sur son réseau Truth Social que le contrôle du Groenland constituait, selon ses termes, une « nécessité absolue » pour la sécurité nationale et la liberté dans le monde. Le mois suivant, il a affirmé que les États-Unis s’empareraient du Groenland « d’une manière ou d’une autre », selon la transcription.
Face à ces déclarations, plusieurs pays européens avaient déployé des troupes sur l’île en janvier afin d’afficher leur soutien au Danemark. La situation s’est ensuite orientée davantage vers des négociations et d’éventuels accords, selon la vidéo.
Des liens évoqués, mais aucune implication directe établie
Greenland Energy affirme ne pas être liée au projet de Donald Trump pour le Groenland. La vidéo relève cependant que Larry Souette, présenté comme le président et principal actionnaire de l’entreprise, aurait des liens étroits avec l’entourage du président américain.
Carole Craig, ancienne militaire de la marine américaine et membre du conseil d’administration de Greenland Energy, travaille également sur le « Dôme d’Or », un projet de bouclier antimissile que Donald Trump souhaite installer au Groenland, d’après la transcription.
L’entreprise a aussi recruté l’animateur Phil McGraw, connu sous le nom de Dr Phil, pour réaliser un documentaire sur la recherche de pétrole. Phil McGraw a par ailleurs siégé à la commission sur la liberté religieuse de Donald Trump.
Ces éléments ne suffisent toutefois pas à établir une implication de la Maison Blanche. La vidéo insiste sur ce point : aucune preuve d’une participation directe de l’administration américaine au projet de forage de Greenland Energy n’est avancée à ce stade.
FAQ
Le forage à Jameson Land est-il autorisé ?
Non, pas à ce stade selon les informations rapportées. Greenland Energy a acheminé du matériel sans avoir obtenu l’autorisation des autorités groenlandaises et a reçu un avertissement officiel.
Pourquoi Jameson Land peut-elle encore faire l’objet d’exploration pétrolière ?
Le Groenland a arrêté l’attribution de nouveaux permis pétroliers en 2021. Jameson Land dispose néanmoins des trois derniers permis d’exploration encore actifs, détenus par White Flame Energy.
Le projet pétrolier est-il directement lié à Donald Trump ?
L’entreprise dément tout lien avec les projets de Donald Trump sur le Groenland. Des connexions entre certains acteurs de la société et l’entourage présidentiel sont évoquées, mais aucune implication directe de la Maison Blanche n’est établie dans la vidéo.
Source vidéo : L’Union européenne en alerte : Trump est de retour sur YouTube.



