Environnement

Trump annonce le démantèlement de 900 instruments d’observation des océans

L’administration américaine prévoit de retirer un réseau de capteurs en eaux profondes du Pacifique et de l’Atlantique, invoquant des économies budgétaires.

L’administration de Donald Trump a annoncé le démantèlement de 900 instruments d’observation installés en eaux profondes dans les océans Pacifique et Atlantique. Le retrait doit intervenir au cours des quinze prochains mois. Il concerne un réseau américain dont les données sont également utilisées par des scientifiques et chercheurs à travers le monde.

Balises, capteurs et systèmes de câbles : ces équipements collectent des données en temps réel sur l’état des océans. Leur suppression soulève des interrogations sur la continuité des observations scientifiques, notamment dans un contexte de hausse des températures et de multiplication des phénomènes climatiques extrêmes.

À quoi servent les 900 instruments d’observation océanique ?

Les instruments concernés sont situés dans des zones profondes des océans. Ils permettent aux scientifiques de suivre différents paramètres et de mieux comprendre le fonctionnement des milieux marins.

Ces données servent notamment à analyser la façon dont les océans absorbent les gaz à effet de serre, qui contribuent au changement climatique. Elles permettent également d’étudier les évolutions de température et leurs conséquences possibles sur le climat ou sur les activités de pêche.

Le réseau contribue aussi à l’anticipation de certains risques naturels, notamment les séismes et les tsunamis. La collecte continue d’informations en mer est donc utilisée à la fois pour la recherche climatique, l’étude des océans et le suivi de phénomènes susceptibles d’avoir des conséquences sur les populations côtières.

Ces instruments avaient été installés en 2016 et étaient initialement prévus pour fonctionner pendant vingt-cinq ans. Ils sont considérés par de nombreux observateurs comme l’un des systèmes d’observation océanique les plus avancés au monde.

Une décision justifiée par des économies budgétaires

Selon l’administration américaine, le retrait de ces installations doit permettre à l’État d’économiser 48 millions de dollars par an, soit le coût d’exploitation annuel du système. La valeur totale du réseau dépasse 365 millions de dollars.

Cette justification est contestée par des membres de l’opposition. Ils soulignent que les équipements sont déjà installés et financés. La décision ne consiste donc pas seulement à renoncer à un nouveau programme, mais à retirer une infrastructure existante, avec les coûts que peut représenter le démantèlement de balises placées profondément en mer.

L’administration Trump avait déjà tenté de réduire de 80 % le budget de ce système au cours des dernières années. Les parlementaires s’y étaient alors opposés. Le gouvernement évoque désormais une « réduction de périmètre » plutôt qu’une suppression formelle du programme. Pour les opposants à la mesure, le retrait des instruments reviendrait néanmoins à mettre fin au fonctionnement effectif du réseau.

Des données importantes pour suivre le changement climatique

Les océans occupent une place centrale dans l’étude du réchauffement climatique. Les données recueillies par les capteurs permettent d’observer l’évolution des températures marines et le rôle des océans dans l’absorption des gaz à effet de serre.

La disparition de points de mesure pourrait donc réduire les informations disponibles pour suivre ces évolutions. Les chercheurs s’appuient sur des séries de données longues pour identifier les transformations en cours et distinguer les tendances durables des variations ponctuelles.

Les enjeux liés au climat et aux températures élevées sont régulièrement observés dans plusieurs régions du monde. En France, un épisode de chaleur précoce lié à un dôme de chaleur a notamment illustré l’importance des mécanismes atmosphériques dans les températures ressenties.

Les phénomènes océaniques et atmosphériques peuvent également avoir des effets différents selon les régions. L’ONU a appelé les pays à se préparer à un éventuel retour d’El Niño, susceptible de renforcer les températures élevées et d’être associé, selon les zones, à des sécheresses, des pluies torrentielles, des incendies ou des cyclones. Les principaux risques évoqués sont détaillés dans cet article sur la préparation au retour d’El Niño.

Une politique climatique américaine contestée

Cette annonce s’inscrit dans un ensemble de décisions climatiques attribuées à l’administration Trump. Donald Trump a régulièrement tenu des déclarations climatosceptiques et a qualifié le changement climatique d’« arnaque ». Il a aussi présenté les politiques en faveur des énergies renouvelables comme une « supercherie ».

Son administration affirme que plusieurs organisations internationales liées au climat sont coûteuses, inefficaces ou contraires à la souveraineté et à la puissance économique des États-Unis. Parmi les décisions annoncées figurent le retrait des États-Unis de l’accord de Paris, la volonté de sortir de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et un retrait évoqué du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Des ONG dénoncent une série de décisions qui, selon elles, affaiblissent les politiques de lutte contre les dérèglements climatiques. Amnesty International les a notamment qualifiées d’irresponsables. Les critiques portent aussi sur les gels ou réductions de dépenses fédérales dans les domaines du climat, de l’environnement et de la recherche.

Des conséquences au-delà des États-Unis

Le réseau concerné produit des données exploitées au-delà des États-Unis. Son démantèlement pourrait ainsi avoir des effets sur les travaux de chercheurs internationaux qui utilisent ces informations pour étudier les océans, le climat et certains risques naturels.

La décision est également observée pour sa portée politique. Les États-Unis jouent un rôle majeur dans le financement de la recherche et dans la coopération internationale sur le climat. Des détracteurs de la politique menée par l’administration Trump estiment que le retrait américain de plusieurs cadres et dispositifs climatiques pourrait fragiliser cette coopération.

Les risques associés aux évolutions climatiques concernent aussi l’alimentation, la santé et les infrastructures. Le scénario d’un El Niño de très forte intensité a, par exemple, été associé à des risques de sécheresses, d’incendies, de pluies extrêmes et de tensions sur les récoltes, comme l’explique cet article consacré aux risques climatiques, alimentaires et sanitaires liés à El Niño.

FAQ

Pourquoi ces instruments sont-ils retirés ?

L’administration Trump affirme que leur retrait doit réduire les dépenses publiques, avec une économie annoncée de 48 millions de dollars par an correspondant au coût d’exploitation du système.

Quelles informations collectaient-ils ?

Les balises, capteurs et câbles recueillaient en temps réel des données sur l’état des océans. Elles étaient notamment utilisées pour étudier l’absorption des gaz à effet de serre, l’évolution des températures, les effets possibles sur la pêche et l’anticipation de séismes ou de tsunamis.

Quand le démantèlement doit-il avoir lieu ?

Le démantèlement annoncé doit se dérouler sur une période de quinze mois. Les équipements avaient été installés en 2016 et devaient initialement rester en fonctionnement pendant vingt-cinq ans.

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